Partager l'article ! Eurocopter en pleine crise de croissance: À Marignane, l'hélicoptériste tente d'adapter son outil de production à la tr&eg ...

Marignane
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La Courneuve
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A Marignane
Ludovic ANDREVON
Franck GREUSE
Serge TELLESCHI
José SORIANO
A La Courneuve
Jean-Luc DEMILLY
Jacques ROSSE
Christophe CIUMEI
LE SITE historique d'Eurocopter à Marignane est en pleine réorganisation. Une nouvelle chaîne de production d'hélicoptères « Dauphin » vient d'être mise en service en lieu et place d'un immeuble qui a été démoli. Elle sera inaugurée en septembre. C'est la rançon du succès. L'hélicoptériste, numéro un mondial du secteur, fait face à un développement au pas de charge. « Nos ventes ont explosé en deux ans, passant de 250 à 300 appareils en 2004 à 615 en 2006, avec une prévision de 700 cette année. Pour faire face, nous devons investir et embaucher massivement », se félicite Éric Arcamone, le directeur de l'établissement de Marignane, siège social de cette filiale d'EADS. Dans la foulée, le chiffre d'affaire d'Eurocopter a doublé en quatre ans et devrait dépasser 4 milliards d'euros en 2007.
Un programme de 180 millions d'euros d'investissements et 1 200 recrutements nets ont été engagés à Marignane. Paradoxalement, non sans difficultés. Le site, coincé entre l'aéroport et divers axes routiers et autoroutier, ne peut pas être étendu. La place manque notamment pour les véhicules des 6 500 collaborateurs, 1 000 intérimaires et 2 500 sous-traitants. Eurocopter se démène auprès des collectivités locales pour qu'elles lui mettent à disposition des nouveaux terrains. Elle a obtenu de la SNCF la remise en service d'une gare à proximité du site, histoire de pousser des salariés à venir travailler en train.
« Nous réorganisons l'entreprise pour la faire passer d'une production quasi artisanale à un mode industriel », commente le directeur. Dans cette optique, l'hélicoptériste a lancé dès avril 2006 le plan Vital pour accroître son efficacité et améliorer de 3 points la marge d'exploitation pour la porter de 6,8 % en 2006 à 10 % en 2009. Eurocopter doit faire face à la montée en puissance du NH 90 commandé à 495 exemplaires qui, dans cinq ans, représentera 40 % de l'activité du groupe. Marignane doit également prévoir le développement du EC 175 qui sera lancé avec un partenaire chinois.
La situation contraste avec celle d'Airbus, une autre filiale du groupe EADS. « Eurocopter doit gérer une crise de croissance sans précédent. Nous sommes inquiets car EADS a besoin de cash et nous a demandé de faire des économies et de faire remonter du cash. Nous sommes donc très attentifs à ce que cela n'impacte pas notre politique d'investissement », prévient Ludovic Andrevon, délégué CFE-CGC.