
A Marignane
Ludovic ANDREVON
Franck GREUSE
Serge TELLESCHI
José SORIANO
A La Courneuve
Jean-Luc DEMILLY
Jacques ROSSE
Christophe CIUMEI
EUROCOPTER FACE A LA CRISE!
Lutz Bertling, comme il s’y était engagé en début d’année, a fait un point sur la situation « préoccupante » dans laquelle risquait de se retrouver Eurocopter. « Presque » tous les salariés ont pu prendre connaissance des difficultés du marché, des baisses des prises de commandes, et de l’impact que cela aurait sur les charges fin 2009 et courant 2010.
Résumé :
· Il semblerait que cette crise ne soit « que » conjoncturelle (en tout cas pour l’instant).
· Aussi des mesures de flexibilité et d’économie devraient suffire à passer le gué.
· Les salariés vont donc devoir être flexibles, économes, mobiles et compréhensifs !
Bien ! Une fois dit cela, la CFE-CGC pense que la direction devra tout autant être flexible !
Flexible sur sa politique de make or buy ! En effet comment va-t-elle bien pouvoir s’y prendre pour expliquer aux salariés que les charges baissent, alors que dans des pays « zone dollar » ces dernières grimpent.
Si l’on peut expliquer que ce sont grâce à des compensations industrielles que nous vendons des hélicoptères, il devient tout à fait inacceptable dans les conditions actuelles de voir partir des charges dans des pays qui ne passeraient pas de commande.
Il y a une grande différence entre créer une chaine Super Puma au Brésil (dans notre filiale Hélibras) pour y assembler une cinquantaine de Super Puma, qui au global créeront de la charge à Eurocopter et envoyer des charges dans des zones dollars sous seul prétexte d’être plus compétitif !
Dans ces périodes troublées :
- Le devoir contractuel d’une entreprise est de donner du travail à ses salariés.
- Le devoir sociétal d’une entreprise est de donner du travail aux bassins d’emplois où elle est installée.
· Comment et quelles charges Eurocopter peut-elle rapatrier ?
· Comment réduire le coût de la structure sans conséquences sur l’emploi?
· Comment assurer l’équité de traitement entre les pays piliers d’Eurocopter?
Quant au CET, objet de toutes les recommandations du président, la possibilité de proroger d’un an son existence existe. Il serait en effet dommage de demander aux salariés de solder leur CET individuel pour septembre 2009, alors qu’il suffit d’adhérer à l’accord EADS pour le proroger jusqu’en septembre 2010. Que les RH nous y invitent… et nous signerons.
Quant au CET collectif, il est d’ores et déjà prévu dans l’accord SAFE (organisation du temps de travail des non cadres) signé il y a quelques semaines.
Quant à la flexibilité par la mobilité… suspense ! Le blocage des embauches redonnera peut-être leur chance aux salariés souhaitant faire une mobilité. On saura peut-être désormais se « contenter » de moutons à 4 pattes, plutôt que d’aller en chercher à 5 pattes dans des pâturages forcément plus verdoyants.
Les RH ont édité, à ce titre, des « règles en or » (Golden Rules). Ces règles rappellent étrangement une charte des bons comportements établie il y a quelques années. Le succès des opérations de mobilité n’en avait pas été pour autant bouleversé. Il faudra donc sans doute déployer beaucoup d’énergie….
Quant aux économies de structure, si certaines seront sans doute quasi immédiates, les couches de complexité accumulées ces dernières années dans les process de l’entreprise auront certainement la vie dure. Quoique, si les frais de consulting devaient être vraiment réduits, le nombre de projets s’en trouverait automatiquement diminué !
Eurocopter a traversé des zones qui furent autrement plus turbulentes. Les directions de l’époque et les partenaires sociaux ont toujours su trouver les solutions afin de préserver l’entreprise et ses salariés.
Il y eut tout de même quelques départs massifs de séniors dont nous avons encore aujourd’hui du mal à nous remettre en termes de perte de compétence.
Car même en période difficile, il faut absolument maintenir les compétences. Hors certaines sont aujourd’hui détenues de manière exclusive par des sous-traitants voire par certains salariés en intérim !
Dans les périodes d’incertitudes comme celle que nous allons traverser, les seules vraies valeurs qui restent à une entreprise sont le travail, la transparence et l’équité.
· Le travail : Les salariés s’en chargent.
· La transparence : Elle devra être de mise sur la déclinaison dans la structure hiérarchique des directives données au plus haut niveau. En particulier sur les méthodes mises en place pour effectuer les « économies de structures ».
· La transparence, encore, sera nécessaire sur les investissements qui devront continuer à être mis en place.
· La transparence, enfin, sera indispensable sur ce qui se passera dans les différents établissements d’Eurocopter.
Tout ceci afin de garantir l’équité entre tous les salariés du groupe !
Si les salariés sentent que la direction va dans ce sens, alors il n’y a certainement pas besoin de société de sondage pour mesurer leur engagement !
La CFE-CGC demande à la direction de revenir vers les salariés rapidement si la situation décrite ce jour venait à changer dans le second semestre.