Partager l'article ! ENTENTE CN - FO/CFE-CGC/CFTC: Mourir d'Être trop PERFORMANT: A lire absolument, contient des informations stratégiques sur l'avenir du site de ...

Marignane
Email: cgc.ecf@free.fr

La Courneuve
syndicat-cn-cgc@eurocopter.com
A Marignane
Ludovic ANDREVON
Franck GREUSE
Serge TELLESCHI
José SORIANO
A La Courneuve
Jean-Luc DEMILLY
Jacques ROSSE
Christophe CIUMEI
Il est urgent de porter à la connaissance de tous les salariés ce qui se trame en coulisse pour notre avenir au-delà des beaux discours de façade.
Il y a plus de dix années de cela, le spectre de la fermeture du site a plané sur La Courneuve. C'est alors la performance du site qui nous a sauvés.
L'engagement de tous a permis d'améliorer de façon considérable (en référence aux autres business units du groupe et aux autres établissements) la performance économique de l'entreprise, à tel point qu'aujourd'hui que nous sommes reconnus et cités en référence au plus haut niveau d'EADS (notre PDG Lutz Bertling lors de ses vœux à La Courneuve en 2008 ; notre PDG menant la visite du président Gallois lors de sa visite au début de l'année ; jusqu'à Louis Gallois lui même lors de ses félicitations après cette fameuse visite du site).
Traduisons de façon concrète cette démarche de performance dont se félicitent nos dirigeants :
Très logiquement, nous aurions pu attendre de nos dirigeants qu'ils nous chargent « Ras la gueule » pour que notre performance soit mise au profit de l'ensemble du groupe et renforce Eurocopter face à une concurrence toujours plus rude et dans un contexte économique mouvementé (parité euro/dollar...).
C'est d'ailleurs ce qui se passerait dans n'importe quelle autre entreprise au monde.
Paradoxalement, la performance qui nous a sauvés hier, qui sera indispensable demain face à nos concurrents, nous met aujourd'hui en péril. Pourquoi ? Un calcul simple démontre que 6% de productivité la première année entraîne un déficit de charge de 6% l'année suivante ou un excédent de 6% de personnel pour effectuer le même travail.
Nous sommes le bon élève, toujours prêt à relever les défis pour continuer à mener notre entreprise en tête du marché des hélicoptères, et avons les capacités et compétences d'en faire encore plus. Pourtant, on ne nous donne pas de nouvelles activités. Le risque est clair : ne plus avoir suffisamment de charges de travail pour un niveau d'effectifs dont la tendance est à la baisse signifie clairement une baisse de performance avec des efforts finalement anéantis. Les coûts de structure deviennent insupportables et notre taux horaire explose !
Hier nous avons sous-traité, l'ensemble de notre activité mécanique et tôlerie, sans attendre que des « Hauts potentiels » règlent les détails complexes de procédure de Make or buy. Aujourd'hui, l'ombre d'offsets des activités de structure hors-pale est toujours omniprésente.
Pourtant nous sommes prêts à franchir à nouveau le pas de nouvelles technologies pour garder la tête d'une concurrence mondiale effrénée.
Pire encore, suite à l'annonce d'une nouvelle organisation présentée comme un simple ajustement, des bruits inquiétants laissent entendre que notre activité de structure pourrait partir en Allemagne et entretient le flou sur l'avenir des pales. Lors des dernières présentations aux Comités Européens et CCE, des personnes du board prennent clairement position à contre-pieds des annonces de notre PDG et sèment le doute et une confusion complète. Rappelons les mots du PDG lors de ses vœux : "Vous êtes reconnus dans votre rôle de leader des pales avec un site principal à La Courneuve et une seconde unité de fabrication à Donauwörth".
Les salariés en sont à se demander si l'organisation n'est pas un prétexte pour dépouiller l'Industrie Française, pilier de l'Aéronautique. On est bien loin de la communication des PDG d'EADS et d'Eurocopter axée sur le refus des calomnies sur l'existence de querelles franco-allemandes et de batailles pour le pouvoir au sein d'EADS.
Est-ce aux salariés et à leurs représentants de se battre seuls pour que l'Industrie Française existe encore demain ?
Parallèlement à une période de pleine croissance pour l'entreprise (l'anglicisme "ramp-up" est dans toutes les bouches !), à La Courneuve nous sont annoncées les nouvelles suivantes :
La sanction est immédiate pour un établissement de notre taille : de telles décisions sans compensations immédiates sont destructrices pour la pérennité du site et le bassin d'emploi.
Est-ce aux salariés et à leurs représentants de rappeler à certains dirigeants la nécessité d'un plan de charge stratégique et suffisamment fourni pour la survie de notre établissement ?
Est-ce aux salariés et à leurs représentants de rappeler également que La Courneuve ne peut vivre de la simple production des pales des hélicoptères dits "français" et assurer la pérennité du site pourtant toujours plus performant ?
Face aux interrogations légitimes des salariés, nous portons ces revendications aux plus hauts niveaux de l'entreprise pour mettre nos dirigeants face à leurs responsabilités.
La Courneuve et ses salariés doivent être confortés dans leur rôle de leader. Pour cela, il existe de nombreuses pistes : des charges sont intégrables facilement (pièces composites rotors, future pale arrière EC145, les programmes du futur ainsi que le développement des nouvelles technologies...).
Nous n'hésiterons pas à alerter les pouvoirs publics (administration, politiques, élus), qui représentent en plus une part de notre actionnariat, sur les conséquences néfastes sur le bassin d'emploi du 93 et du 95 (sujet cher à notre président Gallois).
Les salariés ne se contenteront plus des beaux discours et des honneurs, les salariés réclament le retour de leurs efforts et la légitimité du leadership.