ETAT « FEBRILE »!
Cette année, la rentrée semble bien morose à Eurocopter. Et la menace d’épidémie de grippe A n’y est pas pour
grand-chose.
Même si l’été n’a pas démontré d’aggravation dans la situation économique de l’entreprise, la crainte d’une
année 2010 et peut être d’une année 2011 en deçà des niveaux d’activité connus est toujours présente.
Aussi, la direction commence à réfléchir, SEULE, aux mesures qu’il convient de prendre pour atténuer
l’impact de cette crise sur nos comptes, selon le fameux adage :
« Cash is King ».
La trésorerie est effectivement importante pour une entreprise. La CFE-CGC ne dira même pas le contraire.
C’est ce qui lui permet de vivre, de payer les salaires, d’investir sans avoir à trop faire appel à l’emprunt (et tout le monde sait qu’en ce moment les banquiers ne sont pas
prêteurs).
Aussi, faire des économies intelligentes peut, en toute période, être un plus pour l’entreprise et donc
pour ces salariés… à condition que ces économies ne se fassent pas au détriment de ces mêmes salariés, bien sûr.
L’éternelle accusée refait d’ailleurs surface : La structure !
Elle est, semble-t-il, devenue hypertrophiée ces dernières années.
A qui la faute ? Certainement pas aux salariés de ladite structure !
Qui validait les fiches de poste émises pour des recrutements extérieurs ?
L’exemple de Airbus Central Entity (rien ne fut trop beau avant la mise en place de power 8) était dans tous
les esprits, et pourtant… Eurocopter a aujourd’hui (et soudainement) une structure trop importante.
Aussi la CFE-CGC pose, entre autres, les questions suivantes :
- De quelle structure parle-t-on ?
- La définition de la structure est-elle la même dans
tous les pays constitutifs d’Eurocopter ?
- A quoi correspondent les 15% d’économie qui trainent
dans tous les couloirs ?
- Ces 15% sont-ils répartis de manière égalitaire dans
les secteurs, ou bien certains secteurs seront-ils plus contributeurs que d’autres ? Si oui lesquels ?
- Quelle est la politique de la direction en termes de
Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences ?
- Quelle est la politique de la direction en termes de
rapatriement de charge ?
Les salariés vont vouloir comprendre. Ils ne se satisferont pas de notes de direction annonçant
unilatéralement dans un ordre pouvant être qualifié de brownien :
- La création (ou plutôt la renaissance) de l’outil
compass.
- Le blocage des embauches et le non renouvellement des
contrats d’intérim.
- L’interdiction d’accès aux voyageurs des parkings de
l’aéroport.
- Des mesures de restriction de l’utilisation des
moyens de communication (téléphones portables ou autres).
- La nécessité d’une flexibilité accrue (alors même que
se met en place, en France, une nouvelle organisation du temps de travail !).
- L’optimisation du temps de réunion avec la mise à
disposition de salles de réunion sans chaises.
- …
Rien n’est pire que d’amorcer une période de crise par le petit bout de la lorgnette en dégainant
(facilement) quelques irritants sociaux, qui visiblement seraient sources d’économie, mais dont les petits ruisseaux ne font jamais les grandes rivières.
Les mesures prises par la direction doivent participer à un cadre plus global et cohérent dont les
salariés sauront mesurer l’efficacité et la pertinence.
Nous n’en sommes pas encore là !
L’organisation VITAL a maintenant 4 ans. Elle a été mise en place pendant une période faste
de montée quasi exponentielle du chiffre d’affaire où rien n’était trop beau pour Eurocopter.
Si aujourd’hui notre activité, à défaut d’être en récession, connait une baisse conjoncturelle,
l’organisation en place permettra-t-elle de générer les économies de fonctionnement attendues?
L’organisation VITAL, très orientée « projets transverses » a généré, toute seule,
les postes de structure qui sont aujourd’hui critiqués.
Une organisation revue et plus orientée vers un modèle pyramidal serait peut être plus justifiée désormais.
Les organisations pyramidales ont cette qualité devenue rare de ne laisser aucun doute sur qui prend les décisions et surtout jusqu’à quel niveau. Nul n’est besoin de matrice
« RACI (Responsable, Accountable, Consulted, Informed) !» :
On comprend que cette matrice appliquée à une organisation, elle-même, matricielle, aboutit à ce que nous
disent beaucoup de salariés :
« On ne sait pas qui prend les décisions. On ne sait même pas si, finalement, elles sont
prises ».
Quant à VITAL et les valeurs défendues, la CFE-CGC attend le bilan de l’enquête Gallup pour
savoir si elles ont réellement changé le quotidien des salariés !
Par ces temps «d’état fébrile» mesurer la température du terrain va devenir extrêmement nécessaire pour la
direction.
Surtout, comme la situation ne se règlera pas sur des « power points », les personnes qui
se pencheront sur la problématique des gains de structure devront être des gens de métiers qui connaissent les arcanes de la maison. Il va donc falloir changer les thermomètres, voire les ranger
… et … ne pas opposer les salariés entre eux !
La CFE-CGC prévient qu’il n’y a pas les gentils opérationnels et la méchante
structure !
Il n’y a que des salariés qui travaillent du mieux qu’ils peuvent, parfois un peu perdus au milieu de
structures décisionnelles complexes.