AGITATION MEDIATIQUE …ACHTUNG.
En 1992 EUROCOPTER, société Franco Allemande, fut créée en acceptant de ramener le rapport d’actif de 85/15 à un rapport politiquement plus correct de 60/40.
Depuis, les investissements industriels massifs côté outre Rhin ont donné de la crédibilité à ces ratios. C’est aussi quasiment le cas pour les effectifs. Eurocopter a donc atteint un stade de maturité dans le partage des tâches.
Depuis la création de EADS, le ratio de 50/50 a été élevé en dogme absolu.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes, du moins tant que EADS convolait en justes noces avec le succès.
Depuis quelques mois la lune de miel est terminée, la maison EADS se fissure, et on recreuse le fossé. En effet, ce qu’il est facile d’admettre par temps de croissance l’est moins en période trouble. Les nationalismes se refont jour, chacun plaidant (et c’est bien naturel) pour la défense de l’emploi et des sites dans son propre pays. A ce titre les syndicats allemands plaident même pour une entrée de l’état allemand dans l’actionnariat de EADS, seul moyen pour défendre l’emploi et les sites en Allemagne.
Rajoutons à cela que l’une des causes des difficultés d’EADS sont justement les règles de gouvernances complexes mises en œuvre pour respecter le sacro-saint ratio de 50/50.
Et EUROCOPTER ?
Eurocopter va bien. Du moins dans le concept ! Malgré cela, les tensions nationales sont perceptibles. Le partage des tâches a été effectué. Cependant, l’arrivée des espagnols dans l’actionnariat de EADS, les recherches de partenariats dans des pays « zone dollar » afin d’accroître nos parts de marché, remettent en cause ce fragile équilibre. Du coup les deux camps se mettent sous haute surveillance…
…surtout depuis que les médias échafaudent des hypothèses de changement à la tête de Eurocopter.
En synthèse : Puisque Airbus est désormais sous contrôle français, alors Eurocopter doit être sous contrôle allemand (rappelez vous… les 50/50 !).
Mais n’est ce pas déjà le cas ? En effet Eurocopter est désormais placé sous la responsabilité de Thomas Enders. De plus, nombre de fonctions stratégiques sont sous responsabilités allemandes (comme par exemples les finances, les programmes gouvernementaux et la global supply chain).
Pour la CFE-CGC, le ratio 50/50 est, en l’état, aujourd’hui atteint à Eurocopter.
Aussi, si les allégations médiatiques devaient un jour devenir la réalité, l’arrivée d’un PDG de nationalité allemande viendrait fragiliser cette situation… ce que nous ne pourrions accepter, surtout si le seul critère de choix était la nationalité avant la compétence.
Dans tous les cas, la CFE-CGC n’a qu’une ligne de conduite :
Puisque ce sont les salariés et les décideurs politiques qui ont créé les fondements essentiels de la réussite d’Eurocopter, on ne pourra pas purement et simplement délocaliser ces succès. Les salariés ont gagné, tant en France qu’en Allemagne, par leur travail, le droit au maintien de leurs emplois et de leurs sites industriels.
Eurocopter a trouvé un équilibre efficace. Ne le fragilisons pas !!!
Mardi 17 octobre 2006
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08:57
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Par CGC EUROCOPTER